La province du Kongo Central est le point de départ d'une initiative cruciale pour l'agriculture congolaise : la phase préliminaire de structuration des membres du Collectif des ONG pour une Agriculture Durable en RD Congo (COAD-RDC) en coopératives agricoles. Cette démarche vise à maximiser l'impact des actions sur le terrain et à responsabiliser les bénéficiaires.
Le coup d'envoi est donné. Une mission mixte regroupant le COAD-RDC et des experts du Ministère de l'Agriculture (MINAGRI) a débuté ses opérations dans le Kongo Central. Cette phase préliminaire est essentielle avant la structuration officielle des membres du COAD-RDC en coopératives agricoles spécialisées. L'enjeu est de taille : s'assurer que les ressources allouées à l'agriculture produisent des résultats tangibles et durables pour les communautés locales.
Le début d'une phase de structuration
Le Collectif des ONG pour une Agriculture Durable en RD Congo (COAD-RDC) met en œuvre la vision du Ministre d'État en charge de l'Agriculture, Grégoire MUTSHAIL MUTOMB, qui souhaite une approche "essentiellement basée sur la pratique et la récolte" pour le développement agricole. Cette initiative succède à une période où l'accent était mis sur le renforcement des capacités, comme le rappelle le Président National du COAD-RDC, Faustin BUHENDWA CISHUGI. L'objectif est de transformer les associations membres du COAD et les agriculteurs familiaux en "ECO-PRENEURS" et de leur transférer des technologies innovantes pour optimiser la production.
Un élément clé de cette phase préliminaire est le partenariat avec CANAFRIK SARL, qui met à disposition plus de 60 000 hectares de ses concessions dans le Kongo Central. Cette surface colossale offrira au COAD la possibilité de mener des activités d'expérimentation agricole à grande échelle. Le Vice-Président de CANAFRIK, Placide MUYANGWA MUBALAMA, a précisé que cet accord vise à "impacter sur la résilience de la sécurité alimentaire, réduire le taux de l’importance à l’importation des denrées alimentaires, créer des emplois, autonomiser économiquement" les ménages de la région.
Les défis de la traçabilité des actions
Cette mission conjointe arrive à un moment opportun. Des préoccupations ont été soulevées concernant l'utilisation des intrants et des financements accordés par le MINAGRI. "Beaucoup ont bénéficié des intrants et voir même financement du MINAGRI sans traces de leurs actions sur terrain. Ils en courent les risques des poursuites judiciaires," prévient le COAD-RDC. Cette déclaration souligne la nécessité d'une plus grande transparence et d'une meilleure redevabilité dans l'utilisation des fonds et des ressources destinés au développement agricole. La structuration en coopératives vise précisément à remédier à ce problème en assurant une meilleure organisation et une traçabilité des actions des agriculteurs.
Le COAD-RDC, dont le siège national est situé à Kinshasa, a déjà mené un audit du fichier des ONG entre 2000 et 2023, révélant des "obstacles qui vont à l’encontre de la loi n° 004 /2001" et des frais administratifs excessifs. L'organisation s'engage à œuvrer pour que "l’ordre soit mis dans ce secteur de la vie nationale", comme l'a exprimé Faustin BUHENDWA CISHUGI.
Vers une agriculture productive et autonome
Au-delà du contrôle des actions passées, la mission au Kongo Central est tournée vers l'avenir. Elle s'inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance extérieure de la RDC en matière d'aliments de base, à diminuer le chômage des jeunes et la pauvreté des ménages. L'accent est mis sur des "produits magiques" comme la chèvre Rousse de Maradi, la plante JUNCAO, le soja et les aubergines, qui ont un potentiel de rendement élevé et une forte demande sur le marché.
Les Présidents provinciaux du Kwango et du Kwilu ont confirmé que leurs provinces, riches en "milliers d’Hectares des terres arables", sont prêtes à devenir des zones d'approvisionnement clés pour Kinshasa. L'arrivée du COAD-RDC est perçue comme une opportunité pour ces agriculteurs qui, bien que "motivés, souvent par nécessité alimentaire", manquent de soutien structuré.
La phase préliminaire au Kongo Central est donc plus qu'une simple visite de terrain ; elle est le prélude à une transformation profonde du secteur agricole congolais, avec la structuration en coopératives comme pilier central pour une agriculture plus productive, transparente et autonome.
Par la rédaction
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