Dans de nombreuses villes de la République démocratique du Congo, les déchets sont régulièrement brûlés à l’air libre. La fumée toxique qui s’en dégage se répand dans les quartiers environnants, exposant directement les populations, en particulier les enfants et les femmes, souvent impliqués dans le tri des déchets sans aucune protection.
« Tous les enfants et ces femmes circulent sans gants ni masque, parfois même jouent ou travaillent au milieu des déchets. C’est un danger pour leur santé », alerte Daniel Cirimwami, activiste environnemental engagé dans la gestion durable des déchets.
Selon lui, cette situation est aggravée par l’absence quasi totale de systèmes de gestion efficaces. « Ayant travaillé dans la gestion des déchets, je sais que c’est un grand danger. Les communautés locales, malgré leur volonté de trier les déchets, n’ont presque pas de solutions sûres. Ce qu’elles pensent évacuer est souvent brûlé à l’incinérateur, ce qui émet des gaz à effet de serre », explique-t-il.
Pour limiter les risques, Daniel Cirimwami propose plusieurs alternatives. « Lorsque les déchets sont biodégradables, ils peuvent être transformés en énergie. Les déchets plastiques, eux, doivent être collectés et transformés en pavés plutôt que brûlés », suggère-t-il.
L’Organisation des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) rappelle que la pollution de l’air constitue l’une des plus grandes menaces pour la santé des enfants. Environ 95 % des personnes dans le monde vivent dans des zones où l’air est considéré comme malsain. L’inhalation de l’air pollué peut entraîner des maladies respiratoires, des troubles du développement et accroître la vulnérabilité face aux infections.
La mauvaise gestion des déchets représente un risque majeur pour la santé publique, en particulier pour les populations les plus vulnérables. Des mesures concrètes, combinant prévention, sensibilisation et valorisation des déchets, apparaissent indispensables pour protéger les enfants et les femmes.
Par Lucien Migabo
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