Dans une avancée diplomatique le gouvernement de la République démocratique du Congo et la mouvement AFC-M23 ont annoncé ce dimanche 19 avril 2026, un accord visant à faciliter l'accès humanitaire et à libérer des prisonniers sous dix jours.
Réunies à Montreux sur les rives du lac Léman, les parties au conflit ont conclu plusieurs jours de négociations menées sous la médiation du Qatar. Ce dialogue intervient dans un contexte de crise humanitaire dans l’est du pays, où les combats s'essoufflent malgré les pressions internationales.
Un engagement pour la survie des civils
Le communiqué conjoint publié à l'issue des pourparlers, insiste sur l'urgence de la situation. Kinshasa et l'Alliance Fleuve Congo M23 ont affirmé que la protection des civils « demeure primordiale ».
Les points de l'accord incluent : Aide humanitaire : Engagement à ne pas entraver les convois et à protéger les travailleurs humanitaires. Infrastructures vitales : Interdiction stricte de cibler les sources d'eau, les récoltes, le bétail, les hôpitaux et les infrastructures énergétiques. Libération de prisonniers : Un échange de détenus doit intervenir dans un délai de 10 jours pour « renforcer la confiance » mutuelle. « Les parties ont accepté de s'abstenir de toute action qui compromettrait la fourniture d'une aide vitale sur la base des principes humanitaires », précise le document.
Un mécanisme de vérification renforcé
Au-delà des intentions humanitaires un protocole d'accord technique a été signé. Celui-ci met en œuvre des mécanismes de vérification du cessez-le-feu, un point de friction par le passé.
Outre le médiateur qatari, la table des négociations a réuni des représentants des États-Unis, de la Suisse, de la Commission de l'Union africaine et du Togo. Cette présence internationale montre l'importance de stabiliser une région dévastée par plus de trois décennies de violences.
Un espoir fragile après l'échec de décembre
Cet accord de Montreux tente de relancer un processus de paix moribond. En décembre dernier, un précédent accord conclu sous l’égide de Washington entre la RDC et le Rwanda (accusé de soutenir le M23) n’avait pas suffi à faire taire les armes.
Peu après cette signature, la prise de la ville stratégique d'Uvira, dans le Sud-Kivu, par les rebelles avait provoqué la colère du Département d'État américain et une escalade des tensions. Depuis fin 2021, le M23 s'est emparé des zones territoriales déplaçant des millions de personnes. Si l'accord de ce dimanche est respecté il pourrait marquer le premier véritable signe de désescalade depuis le début de la crise.
Par Lucien Migabo
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